« L A marijuana n'a aucun avantage médical qui vaille la peine de faire exception » aux lois fédérales, sauf si cette utilisation est requise « pour des recherches conduites avec l'assentiment du gouvernement », indique la Cour suprême des Etats-Unis dans un arrêt. « Si d'autres drogues peuvent être prescrites et administrées à des fins médicales, il n'en va pas de même pour la marijuana », qui ne représente pas une « nécessité médicale exceptionnelle », insistent à l'unanimité les neuf juges.
C'est la première fois que la plus haute instance juridique des Etats-Unis s'exprime sur ce dossier ouvert en 1996. Les Californiens avaient voté, alors, en faveur de la possession et de la culture du « H » sur recommandation d'un médecin. Il s'en était suivi une floraison de « clubs de cannabis » pour des patients souffrant de maladies graves, comme le SIDA et le cancer, ou présentant des effets secondaires de traitements chimiothérapiques. En 1998, le gouvernement fédéral avait cherché à les faire fermer. Débouté en appel, il s'était pourvu devant la Cour suprême.
La France n'est pas la Californie, mais le ministre délégué à la Santé n'entend pas verrouiller la recherche en la matière (« le Quotidien » des 7 et 16 mai). Des études « pour évaluer les indications et les résultats de l'usage thérapeutique du cannabis » seront prochainement menées. Plusieurs centres à Paris sont prêts, ainsi qu'à Marseille, Toulouse et Lyon. Pour l'heure, rappelle Bernard Kouchner, la marijuana et ses dérivés de synthèse « ne disposent pas d'autorisation de mises sur le marché » et leur emploi n'est possible que « dans le cadre d'essais cliniques ». Cela étant, à ce jour, des indications sont validées notamment comme anti-émétique et antalgique.
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